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Le Président est : M. Jean Pierre Fouilé

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Edito du Président

 

Propos antisémites, dégradations de tombes, graffitis se sont multipliés ces dernières semaines. Ces pitoyables manifestations de haine prolongent, dans un contexte de crise sociale aigue, le discours xénophobe, raciste, anti-immigré diffusé depuis des années par les héritiers directs du fascisme et des collaborateurs des années noires de l’Occupation, repris parfois par d’autres forces politiques ou individus, par surenchère démagogique à visée électorale.

A l’automne la bêtise abjecte a frappé dans notre département, avec la profanation du Mémorial de la citadelle de Port-Louis.

Le combat pour la démocratie, la Liberté, le respect d’autrui, pour l’intelligence collective est décidément à poursuivre, sans défaillance.

L’ANACR a une responsabilité particulière dans ce combat. Elle porte la Mémoire de la Résistance qui rassemble dans ses rangs les femmes et les hommes qui croyaient au ciel ou qui n’y croyaient pas, qui étaient français de naissance ou d’immigration, qui partageaient le même idéal antifasciste, humaniste, démocratique et antiraciste.

C’est ce que le premier acte du nouveau bureau départemental de l’ANACR du Morbihan a voulu exprimer le 25 février dernier en rencontrant la presse au pied du Mémorial de Port-Louis.

 

 

 AMI ENTENDS-TU

N° 188 est disponible en version papier par abonnement

  

 

 ami 188

 

 

 

Marie Louise LE BOZEC  : parcours d’une déportée résistante morbihannaise

        (1914 – 2003 )

           Née à Bouée, en Loire Atlantique, le 23 avril 1914, Marie Louise LE BOZEC était la fille de Louis, employé des chemins de fer et de Marie Jeanne CARLACH. Cadette d’une fratrie de 4 enfants, 3 filles et un garçon, sa sœur aînée n’était autre que Marie Jeanne, « Yvon » dans la Résistance, au parcours également héroïque et future secrétaire particulière du Général de Gaulle.

            Quand débute l’Occupation, domiciliée à Lanester, elle est élève infirmière à l’Hôpital Bodélio de Lorient. Elle entre très tôt en Résistance, entre la fin 1940 et le début de 1941 : après la Guerre, ses services au titre de la Résistance Intérieure Française sont homologués à partir du 1 ° janvier 1941. Elle est considérée comme une Résistante isolée : les documents désignant les personnes avec qui elle entre en contact pour son activité ne mentionnent pas non plus une quelconque appartenance à la Résistance organisée. Il est vrai que son activité débute de très bonne heure par rapport à la mise en place de réseaux et mouvements structurés .

            Animée de fortes convictions gaullistes, son action se déploie dans 3 domaines et sur 4 localités : principalement Lorient, mais aussi Quimperlé, Vannes et même Nantes. Distribution de tracts gaullistes. Photos de l’Arsenal de Lorient , développées par un photographe de la ville pour être transmises ensuite à des sous marins britanniques par l’intermédiaire d’un bateau de pêche lorientais. Et aide à l’évasion d’un pilote britannique capturé par la Wehrmacht, hospitalisé à Nantes en lui fournissant des vêtements civils.

            Elle est arrêtée sur dénonciation, le 19 août 1941 à l’hôpital Bodélio, à son retour de congés vraisemblablement par la G F P ( Police Secrète Militaire ). Des tracts sont saisis sur son lieu de travail ainsi qu’à son domicile. Jusqu’au 22 elle est internée d’abord à la Kommandantur et ensuite à la caserne du Quai des Indes. Elle subit 2 interrogatoires, mais garde le silence

            Transférée à la maison d’arrêt de Vannes , place Nazareth, jusqu’au 25 janvier 1942, malgré sa mise à l’isolement, elle continue à y déployer une activité résistante, grâce à sa connaissance de la langue allemande et à la complicité d’un gardien allemand, francophile et antinazi , ancien prisonnier de guerre en France lors du 1° conflit mondial, Hermann ZITTO ( qu’elle retrouvera en Allemagne après la guerre ). Elle parvient par exemple à faire libérer un groupe de résistants finistériens en leur permettant de déclarer une même version lors de leurs interrogatoires puisqu’elle distribuait les repas dans leurs cellules. Dans cette même prison, elle fit aussi la connaissance de Résistants vannetais précoces : les 2 soeurs BEAUDART ainsi que la famille MÉVEL.

            A l’issue de 3 interrogatoires, toujours silencieuse, elle fut traduite devant la Cour Martiale de la FK 750 qui siégeait dans la salle Roth de la Préfecture et condamnée le 9 janvier 1942. à 1 an et 7 mois de prison.

            Elle fut ensuite dirigée sur la prison Centrale de Fresnes où elle ne séjourna qu’une nuit. Le 26 janvier, elle prit le chemin de l’Allemagne en train cellulaire au départ de la Gare de l’Est, côtoyant pendant le transport, entre autres prisonnières, des prostituées allemandes.

            Cette période dura 5 mois et une semaine

            Avant son internement à la prison Klingelpüts de Cologne entre le 6 février et le 17 août 1942 ou le 27 septembre, elle transita par les prisons de Karlsruhe, Francfort et Coblence. Durant cette période elle manifesta constamment son refus du travail et se livra même à du sabotage.

            Entre le 17 août 1942 ou le 28 septembre et le 21 ou le 27 avril 1943, elle passa par les prisons et camps de Wittlich, Gillenfeld et Flüssbach ( pour le compte de l’entreprise Appolonia ), adoptant toujours le même comportement d’insoumission .

Son séjour dans ces lieux de détention tous situés à l’Ouest du Reich, s’acheva à Trèves entre le 22 ou le 28 avril 1943 et le 13 ou 14 mai , date officielle de l’achèvement de la peine prononcée par le F K 750 de Vannes. Date à laquelle la Gestapo lui proposa , en échange d’une libération, de signer un contrat de travail stipulant qu’elle acceptait de collaborer avec les autorités nazies en dénonçant ses collègues de travail, allemands ou étrangers, hostiles au régime. Au nom de ses convictions elle elle opta pour son transfert au camp de Ravensbrück, le camp de concentration réservé aux femmes, sous le matricule 19860.

            Elle y arriva le 19 mai, après avoir transité par Cologne ( de nouveau ) , Hanovre et Berlin ( prison de l’Alexanderplatz ) en wagons à bestiaux. Fidèle à sa ligne de conduite de refus, elle y demeura jusqu’en septembre.

            Ce qui lui valut un ultime transfert, cette fois au Kommando de Neubrandenburg où elle continua de manifester la même volonté de résistance, d’autant plus que dans ce Kommando elle aurait dû travailler pour l’industrie d’armement. Jugée par ses bourreaux comme dangereuse,elle finit par être affectée à des travaux de terrassement et de maçonnerie, protégée, ainsi que ses camarades d’infortune, pendant une courte période par un couple de prisonniers allemands affecté à leur surveillance, tous deux antifascistes, qui disparurent du jour au lendemain.

            Cette période dura 3 ans et 3 mois.

            Sa libération intervint à partir du 27 avril 1945, date de l’évacuation du Kommando devant l’avance des troupes soviétiques. Dés le 28, elle réussit à s’évader avec des camarades de cette marche de la mort à travers le Mecklembourg.

            Après une pause de 2 jours, entre le 28 et 29 dans le manoir d’un grand domaine agricole fraîchement évacué par ses propriétaires, membres de la famille de Clèves, à Kraase ( qu’elle retrouvera en 1990, après la réunification de l’Allemagne ), elle entreprit, toujours dans le Mecklembourg, une marche de 170 km qui lui permit de rejoindre à Wittenberge sur l’Elbe des unités de l’armée américaine.

            Le 17 mai 1945 elle fut rapatriée par le centre de Maubeuge et revint dans sa famille désormais établie à Saint Étienne de Montluc, le 26 mai.

            Au total, son internement et sa déportation durèrent 3 ans et 8 mois.

            Elle fut nommée chevalier de la Légion d’Honneur le 19 novembre 1964.

            Elle reçu aussi la Croix de Guerre en 1963.

            Elle fut par ailleurs homologuée au rang de « soldat » au titre de la R I F.

            Après son retour, elle passa ses examens d’infirmière et se retrouva à exercer sa profession en Afrique coloniale française jusqu’aux indépendances.

            Elle décéda en 2003 à Damgan où elle s’était retirée pour sa retraite.

 

Article du Télégramme morbihan

 

 

 

Pour une paix juste au Proche Orient

 

 Le 7 octobre, la meurtrière attaque menée par le Hamas contre des camps militaires et des kibboutz du sud d’Israël, y tuant des militaires et y assassinant - parfois de manière particulièrement barbare - des centaines de civils, hommes, femmes, enfants et vieillards, et en prenant en nombre des otages, a initié le dernier épisode d’un conflit vieux de plusieurs décennies.
Il y a 75 ans, dans la Palestine peuplée selon les appellations d’alors de 66% d’Arabes et de 34 % de Juifs, l’ONU décida le 29 novembre 1947 d’y créer un Etat juif (sur 47% du territoire), un Etat arabe (45,53%) et une zone internationale autour de Jérusalem. Les organisations juives acceptèrent le plan et proclamèrent la naissance de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948, les Palestiniens et les Pays arabes le refusèrent et entrèrent en guerre contre Israël ; lequel, sa supériorité militaire tactique et technologique lui ayant donné la victoire, prit le contrôle de… 77% du territoire de la Palestine ! L’Etat arabe palestinien ne vit pas le jour…
Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens furent chassés alors de leurs terres et de leurs maisons, notamment par des massacres et la crainte qu’ils inspirèrent, et allèrent s’entasser dans des camps de réfugiés à Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban, en Syrie. Où viendront les rejoindre en 1967 ceux qui, parallèlement à celle du Sinaï égyptien jusqu’aux rives du canal de Suez, et à celle du Golan syrien, fuiront, à l’issue de la «Guerre des Six jours», l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza par les forces israéliennes, militairement victorieuses ; comme elles le furent toujours depuis 1948 et jusqu’à aujourd’hui dans tous les conflits opposant Israël aux Pays arabes et aux organisations nationalistes palestiniennes.
Comme cela avait déjà été le cas en 1956, quand, se joignant aux agresseurs britanniques et français contre l’Egypte venant de nationaliser le canal de Suez, Tsahal, l’Armée d’Israël, en avait à travers le Sinaï atteint les rives, ne stoppant sa participation à l’agression que sous la pression conjointe américano-soviétique. Comme ce sera le cas à nouveau en octobre 1973, à l’issue de la Guerre dite «du Kippour» après qu’une contre-offensive ayant permis à nouveau à Tsahal de franchir le canal de Suez, celle-ci ne dut s’arrêter que sous la pression américaine, à… 101km de la capitale égyptienne, le Caire ! Sur le Golan, l’arrêt de la contre-offensive de Tsahal, à… 40 km de Damas, la capitale syrienne, fut imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Et, en juin 1982, dans la continuité de son opération «Paix en Galilée» l’ayant conduit à pénétrer au sud du Liban, Tsahal poursuivit son invasion, entrant dans Beyrouth, la capitale libanaise, y couvrant un massacre par ses alliés des milices chrétiennes de milliers de réfugiés palestiniens dans les Camps de Sabra et Chatila ; Tsahal ne rapatriera en Israël l’essentiel de ses troupes qu’en 1984, certaines restant d’ailleurs au Liban-sud jusqu’en 2000.
Depuis 75 ans en effet, au-delà de diatribes hystériques heureusement impuissantes émanant de Palestiniens ayant appelé à «jeter les Juifs à la mer», diatribes que les dirigeants israéliens et leurs soutiens y compris médiatiques ne manquent jamais de rappeler pour justifier les opérations militaires menées par Israël, le problème n’a jamais été celui - plus que virtuel, inatteignable au vu des rapports de force et des réalités stratégiques - de la destruction d’Israël. Mais au contraire, celui qui est récurrent et très concret, est la non-construction de l’Etat palestinien pourtant prévu par l’ONU, que la colonisation israélienne de toute la
Cisjordanie, qui se poursuit - certains ambitionnant de pousser les Palestiniens au-delà du Jourdain ou dans le Sinaï - empêche d’être mis en place. Ce qui s’oppose à la solution à deux Etats, Israël et Palestine, et ne peut que générer à terme de nouveaux conflits, de nouveaux drames comme celui que nous connaissons actuellement.
Notre condamnation des crimes barbares commis dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023 sur des civils israéliens par des terroristes du Hamas en motocyclettes, parapentes et 4x4Toyota, qui firent plus de 1200 victimes, ainsi que des tirs à l’aveugle de roquettes sur les villes israéliennes, est totale. Comme est totale notre condamnation des crimes de masse commis depuis près de deux mois par les unités régulières de Tsahal dotées de blindés lourds Merkava, de canons automoteurs de 155 à 203mm, d’avions F15 et F16, de corvettes et frégates Saar, qui ont déjà broyé indistinctement sous leurs bombes, missiles et obus plusieurs dizaines de milliers de civils Palestiniens de la Bande de Gaza, hommes, femmes, vieillards, enfants et bébés, tués ou gravement blessés, en ravageant des dizaines de milliers d’habitations civiles, d’équipements sanitaires, scolaires, culturels, énergétiques, d’approvisionnement alimentaire…
Comme nous condamnons aussi les crimes commis contre les civils palestiniens de Cisjordanie depuis plusieurs décennies, et jusqu’à aujourd’hui de manière renforcée à la faveur des événements de Gaza, par Tsahal et ses supplétifs colons, lesquels - fut-ce en utilisant leurs propres enfants comme «boucliers humains» pour couvrir leur prédation colonisatrice - ne sauraient prétendre par là-même au statut de «civils» dans les territoires occupés illégalement par Israël en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, afin de continuer à y voler les maisons et les terres des Palestiniens, en en faisant de nouveaux réfugiés ; ce qui, si cela se poursuivait, ne pourra que susciter à terme une nouvelle «intifada».
Notre pays, la France, patrie des Droits de l’homme, doit tout faire pour arrêter le massacre des populations civiles, pour que les criminels de guerre, qu’ils soient palestiniens ou israéliens, soient arrêtés et déférés devant la Justice internationale compétente, afin d’y être sanctionnés de façon conséquente. Ce qui implique aussi que notre pays ne saurait s’aligner de manière unilatérale comme trop souvent sur les discours médiatiquement hégémoniques mettant en avant le seul droit d’Israël à se défendre pour assurer son existence nationale, en occultant pour ce faire le droit des Palestiniens à faire de même pour assurer la leur dans un Etat dont la co-légitimité a été, conjointement à celle d’Israël, affirmée par l’ONU dès 1947 et dont la concrétisation reste à imposer ; ce à quoi notre pays, membre permanent du Conseil de sécurité, se doit de contribuer à ce qu’elle le soit au plus tôt. Ce qui implique en premier lieu un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza, permettant de plus le ravitaillement alimentaire et sanitaire d’urgence de sa population martyre.
Réaffirmons en cette fin 2023 qu’une Paix - juste - au Proche-Orient ne peut, pour être durable, que passer par la création de l’Etat Palestinien à côté de celui d’Israël, les frontières des deux Etats étant reconnues et garanties internationalement. Elle est une exigence des peuples !
                                                                                                                                                                                                                                                                                L’ANACR
                                                                                                                                                                                                                                                                        Le 7 décembre 2023

 

 

GUIDE DES PORTE-DRAPEAUX

ONAC-VG

 

                                         GUIDE POUR LES PORTE DRAPEAUX