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Message des déportés pour la Journée nationale du souvenir de la Déportation
Dimanche 24 avril 2016
En cette journée dédiée au souvenir de la libération des camps nazis de concentration et d’extermination, nos pensées vont d’abord vers les souffrances de celles et ceux qui y sont morts.
Nous voulons aussi rendre hommage aux déportés qui, grâce à la solidarité face à la tyrannie, ont survécu malgré l’horreur de leur situation. Sans équivalent dans l’Histoire, ces camps de la mort avaient pour principe la supériorité de la « race aryenne » et pour conséquence l’élimination de leurs opposants et l’éradication par des méthodes de mort industrielle de plusieurs millions de femmes, d’hommes et d’enfants.
En 1946, le procès de Nuremberg, fondé en partie sur le témoignage des déportés a permis d’élaborer la notion juridique de crime contre l’humanité, suivie en 1948 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies.
Les déportés pouvaient donc penser que les tragédies qu’ils avaient vécues ne se reproduiraient pas. En ces temps d’inquiétude et de menace pour l’avenir de l’humanité, il convient de dénoncer toutes les doctrines de haine, de racisme et toutes les violations des libertés fondamentales dont tout être humain doit pouvoir se prévaloir.
Notre hommage d’aujourd’hui n’aurait pas de sens si nous ne prenions pas l’engagement de poursuivre la lutte pour la liberté et la solidarité entre les peuples, conquêtes fragiles qu’il faut défendre sans faiblesse.
C’est l’éducation aux valeurs civilisatrices de paix et d’humanité, l’enseignement de la morale de l’engagement et du devoir civique à l’école qui constituent les plus belles promesses de liberté, d’égalité et de fraternité en France et dans le monde.
Ce message a été rédigé conjointement par :
La Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (FNDIR) La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP)
La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD)
L’Union Nationale des Associations des Déportés, Internés et Familles de disparus (UNADIF).
Stéphane Hessel
"Hessel, un parcours emblématique de la lutte contre le nazisme"
Mis à jour le 27/02/2013 | 21:42 , publié le 27/02/2013 | 13:49
L'ancien résistant Louis Cortot arrive au Palais de l'Elysee à Paris le 15 mai 2012, pour assister a la cérémonie d'investiture du nouveau président de la République François Hollande.
(LIONEL BONAVENTURE / AFP)
Avec la mort de Stéphane Hessel, mercredi 27 février, s'envole un peu de la mémoire de la Résistance. D'autant que Raymond Aubrac a disparu en 2012, tout comme sa femme Lucie, Alain Le Ray ou Pierre Messmer, en 2007.
Louis Cortot, 88 ans, est président de l’Association nationale des anciens combattants et ami(es) de la Résistance (Anacr). Il est aussi l'un des 23 derniers Compagnons de la Libération encore en vie. Contacté par francetv info, il revient sur la personnalité singulière de Stéphane Hessel.
Francetv info : Qu'a vécu Stéphane Hessel durant la seconde guerre mondiale ?
Louis Cortot : Né en Allemagne, Stéphane Hessel s'est battu pour défendre sa patrie d'adoption, la France [il a été naturalisé en 1937]. Il a été fait prisonnier pendant la guerre, s'est évadé et a rejoint le Bureau central de renseignements et d'action à Londres en 1941. Il a été parachuté en France en mars 1944, puis dénoncé, torturé et déporté dans le camp de concentration de Buchenwald. A la Libération, il a été diplomate et a joué notamment un rôle dans l'élaboration de la Charte des droits de l'homme de l'ONU, au côté de René Cassin.
C'est évidemment avec beaucoup d'émotion que nous avons appris sa disparition. Son parcours exceptionnel est emblématique des différentes formes de lutte contre le nazisme.
Quelle a été sa ligne de conduite par la suite ?
J'ai eu l'occasion de le rencontrer après la guerre. C'était alors quelqu'un d'assez secret. Il fallait le pousser un peu pour qu'il évoque ce qu'il avait vécu. Par la suite, j'ai participé à de nombreux colloques en sa compagnie. Je peux vous dire que c'était quelqu'un d'exceptionnel : un humaniste sincère, qui militait en faveur du rapprochement entre les peuples. Il voulait absolument témoigner, c'était devenu sa raison de vivre. Jusqu'au bout, il est resté disponible.
La mémoire de la Résistance va-t-elle lui survivre ?
Les élèves qui assistaient à ses colloques l'aimaient beaucoup car malgré son âge, il était resté très jeune. Ses explications et son discours étaient clairs. C'était l'une des dernières figures de la Résistance, mais il reste encore suffisamment de personnes pour transmettre cette part de mémoire. Nous lui rendrons bien sûr un hommage particulier lors du 70e anniversaire du CNR, le 27 mai.
Propos recueillis par Fabien Magnenou
